poésies, proses...

 Un fantome est encore  comme un lieu

où ton regard se heurte contre un son;
mais contre ce pelage noir
ton regard le plus fort est dissous :
ainsi un fou furieux
au paroxysme de sa rage,
trépigne dans le noir et soudain,
dans le capitonnage sourd de sa cellule, cesse et s'apaise.
Tous les regards qui jamais l'atteignirent,
il semble en lui les recéler
pour en frémir, menacant, mortifié,
et avec eux dormir.
Mais soudain,dressé vif, éveillé,
il tourne son visage-dans le tien :
et tu retrouves à l'improviste
ton regard
dans les boules d'ambre jaune
de ses yeux :
enclos comme un insecte fossilisé.


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Mon enfant, ma soeur,
Songe à la douceur
D'aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
 Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés,
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traitres yeux,
Brillants à travers leurs larmes.

Là tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre;
Les plus rares fleurs
Mélant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l'ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
A l'âme en secret
Sa douce langue natale.

Là tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l'humeur est vagabonde;
C'est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu'ils viennent du bout du monde,
-Les soleils couchants
Revêtent les champs,
D'hyacinthe et d'or;
Le monde s'endort
Dans une chaude lumière.

Là tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe calme et volupté.




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Il pleure dans mon coeur Comme il pleut sur la ville;
Quelle est cette langueur Qui pénètre mon coeur ?

Ô bruit doux de la pluie  Par terre et sur les toits !
Pour un coeur qui s'ennuie
Ô le chant de la pluie !

Il pleure sans raison
Dans ce coeur qui s'écoeure.
Quoi ! nulle trahison ?...
Ce deuil est sans raison.

C'est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi, Sans amour et sans haine Mon coeur a tant de peine !



   
                                                                       
 


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Quels sont ces bruits sourds ?
Ecoutez vers l'onde
Cette voix profonde
Qui pleure toujours,
Et qui toujours gronde,
Quoiqu'un son plus clair
Parfois l'interrompe...
Le vent de la mer
Souffle dans sa trompe.
Oh ! marins perdus !
Au loin dans cette ombre,
Sur la nef qui sombre,
Que de bras tendus
Vers la terre sombre !
Pas d'ancre de fer
Que le flot ne rompe
Le vent de la mer
souffle dans sa trompe.
Nochers imprudents !
Le vent dans la voile
Déchire la toile
Comme avec les dents !

Là-haut, pas d'étoile !

L'un lutte avec l'air,

l'autre est à la pompe...

Le vent de la mer

Souffle dans sa trompe.


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Dans un monde en folie éprouvé par les crimes,
Dans un monde guerrier sombrant dans les abîmes
Mais où l'on crie bien haut "vive la liberté"
Il manque juste un brin de bonne volonté

Dans un monde cruel où se meurent de faim
Des femmes, des enfants privés même de pain
Quand quelques uns dévorent avec voracité
Il manque juste un brin de bonne volonté

Dans un monde inégal où règne la misère
Où les individus font sans plus de manière
Un profit outrancier qui est immérité,
Il manque juste un brin de bonne volonté

Dans un monde brutal vraiment trop inhumain
Où l'on vit aujourd'hui sans penser à demain,
Où l'environnement devient fragilisé
Il manque juste un brin de bonne volonté.

Dans un monde sans coeur dépourvu de sagesse
Je crie aux décideurs dépourvus de noblesse
Mon plus profond mépris pour leur indignité
Puisqu'il leur manque un brin de bonne volonté.


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Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l'herbe menu :
Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds,
je laisserai le vent baigner ma tête nue.

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l'amour infini me montera dans l'âme,
Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la nature - heureux comme avec une femme.


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L'homme est sage
Il n'appuiera pas sur le petit bouton
Le petit bouton qui commande la grosse bombe
La grosse bombe qui tue les honnêtes gens

L'homme est sérieux
S'il joue c'est avec des petites bombes
Qui ne tuent que des enfants
Des pauvres ou des paysans

L'homme est artiste
Sur sa toile
Il écrase ici du noir
Là du jaune
Une petite tâche de blanc
Et en tire un beau rouge sang

L'homme est pratique
Il tue les mangeurs de riz
Les cireurs de bottes
Et les marcheurs pacifiques qui usent les routes

L'homme est intelligent
Il ne tue pas l'homme
Qui n'appuiera pas sur le petit bouton
Le petit bouton qui commande la grosse bombe
La grosse bombe qui tue les honnêtes gens

         Extrait de "sensation physique" ( 1968 )

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Faut-il voir un progrès dans le monde moderne
Ou à son opposé la dégénérescence ?
Avons-nous un esprit lumineux ou bien terne ?
Sommes nous très humains malgré notre apparence ?

Quand je vois les progrès faits par la médecine,
De même que l'avance en domaine spatial,
Je demeure ébahi tant cela me fascine
En constatant que l'homme est quelquefois génial.

Mais, parallèlement, j'éprouve de l'horreur
Devant toutes ces guerres absurdes, fratricides,
Qui sont causes de ruines et sèment le malheur
Par les bombardements et puis les génocides.

Devant un tel bilan j'aimerais bien comprendre
Ce qu'est vraiment l'humain. Je pose la question
Même si quelque part cela peut vous surprendre:
L'humain, en vérité est-il ange ou démon ?

Extrait "De jadis à demain"

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Entre les barreaux de la vérité j'ai vu la jolie fleur d'Athènes
Et dans ses yeux le paysage de la vie se déroule
Et dans tes yeux la mort greffée sur l'amour s'envole
Paris sur les bords du Mékong respire d'espoir
Dans ma poche j'ai une carte d'étudiant
Et ce soir la Sorbonne est fermée
Jolie fleur d'Athènes ou les prisons sont fermées
Jolie fleur d'Athènes ses yeux se sont éloignés
Et dans ses yeux de prairie printanière
Il y avait la lumière de l'été jaillissant
Et dans ses yeux de plage déserte
Il y avait l'image d'un calme vivant
Jolie fleur d'Athènes qui a troqué sa parure de ciel profond
Pour celle du lis desséché
Ce soir les flics ont franchi la porte du savoir
Ce soir la violence a brisé le verre de l'espérance
Et dans la brisure du vert de ses yeux
Il y a les morceaux d'un soleil déchiré
Et dans ses yeux il y avait l'espoir d'une porte ouverte sur la vie
Et dans ses yeux il y avait la lumière qui aurait effacé l'ombre des temps anciens
Et dans ses yeux il y avait la profonde douceur des bords du lac Väner sous le doux soleil de Suède
Et dans ses yeux il y avait les matinées liquides se levant sur le sable et les pierres de Tipasa
Habitée par les dieux et l'odeur des absinthes
Jolie fleur de Mai ce soir il pleut
Et le ciel est déchiré d'éclairs
Entre les barreaux de la vérité j'ai vu la jolie fleur d'Athènes
Et dans ses yeux le paysage de la vie s'écoule
Et le chemin de la vie se ferme
Dans ma poche j'ai une carte d'étudiant
Et ce soir le joli mois de Mai est fané
Mais dans ses yeux une source jaillit en larmes de sang
Entre les barreaux de la vérité
Entre les pavés de la liberté
Une source jaillit en larmes de sang

Mai 1968


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Sur mes cahiers d'écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J'écris ton nom

Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J'écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J'écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l'écho de mon enfance
J'écris ton nom

Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J'écris ton nom

Sur tous mes chiffons d'azur
Sur l'étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J'écris ton nom

Sur les champs sur l'horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J'écris ton nom

Sur chaque bouffée d'aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J'écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l'orage
Sur la pluie épaisse et fade
J'écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attentives
Bien au dessus du silence
J'écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J'écris ton nom

Sur l'absence sans désirs
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J'écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l'espoir sans souvenir
J'écris ton nom

Et par le pouvoir d'un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

LIBERTE


Poésie et vérité 1942

 


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Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859)

            par un jour funèbre de Lyon

LA FEMME
Nous n'avons plus d'argent pour enterrer nos morts.
Le prêtre est là, marquant le prix des funérailles,
Et les corps étendus, troués par les mitrailles,
Attendent un linceul, une croix, un remords.

Le meurtre se fait roi.Le vainqueur siffle et passe.
Ou va t'il? Au Trésor, toucher le prix du sang.
Il en a bien versé...mais sa main n'est pas lasse;
Elle a sans le combattre, égorgé le passant.

Dieu l'a vu. Dieu cueillait comme des fleurs froissées
Les femmes, les enfants qui s'envolaient aux cieux.
Les hommes...les voilà dans le sang jusqu'aux yeux.
L'air n'a pu balayer tant d'âmes courroucées.

Elles ne veulent pas quitter leurs membres morts.
Le prêtre est là, marquant le prix des funérailles;
Et les corps étendus, troués par les mitrailles,
Attendent un linceul, une croix, un remords.

Les vivants n'osent plus se hasarder à vivre.
Sentinelle soldée, au milieu du chemin.
La mort est un soldat qui vise et qui délivre
Le témoin révolté qui parlerait demain...

DES FEMMES
Prenons nos rubans noirs, pleurons toutes nos larmes;
On nous a défendu d'emporter nos meurtris.
Ils n'ont fait qu'un monceau de leurs pâles débris;
Dieu! bénissez-les tous; ils étaient tous sans armes!


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Les jouets et les jeux sont changés en outils
En travaux en objets capitaux en soucis
Il nous faut nous cacher pour simuler l'enfance
Il nous est interdit de rire sans raison

Sur la courbe du jour le soleil de la mort
Tisse un épais vitrail de beautés bien vétues
Nous n'avons que deux mains nous n'avons qu'une tête
Car nous avons appris à compter à réduire

Nuage de santé brume de jouissance
A mi-chemin de tout murmure du plaisir
Le printemps diminue l'hiver est supportable
Combien de nuit encore à rêver d'innocence


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O ! Capitaine ! Mon capitaine ! est un poème de Walt Whitman, il fut composé pour le Président Abraham Lincoln assassiné...

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Nous sommes des soldats à l'esprit pacifique
Qui luttons dans le but de voir la paix sur Terre,
nous restons engagés dans un conflit épique
Contre un clan malfaisant qui incite à la guerre.

Nous avons pour visée l'entente entre les hommes
Pour briser à jamais toutes les déchirures
Découlant des combats meurtriers, car nous sommes
Opposés à tout crime , au meurtre, à la torture.

Nous devons respecter toute personne humaine
Dès le premier instant ou elle a vu le jour,
Pour qu'en elle, jamais, un sentiment de haine
N'arrive à entacher un élan plein d'amour.

Ceux qui poussent les hommes à s'entre- déchirer
Demeurent à l'abri, éloignés des combats,
Leur manque de courage à venir affronter
Les horreurs qu'ils créent méritent des crachats.

Mais nous voulons la paix, contrairement à eux,
Pour les éliminer nous n'avons pour seule arme
L'unisson de nos voix qui tel un chant fougueux
Vient tirer pour la Terre un vrai signal d'alarme

Jack Harris 2007    (275 ème Ambassadeur Universel de la Paix)

Merci, Jack...
Offrons "une armée d'humour et d'amour" aux générations à venir (voir la vidéo "gros coup de coeur"(1))...
 


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Le voici, à nouveau, ce vieux loup solitaire
Qui, las de ses errances, arrête son chemin
Pour jouir un court instant d'un refuge précaire
Et regagner la paix dont il a tant besoin.

Car il est fatigué de ses courses lointaines
Ou il dut traverser rivières et vallons,
Marchant dans les chemins et courant dans les plaines
Avec la faim au ventre et la robe en haillons.

Pourchassé sans répit par les hommes en émeute
Il ressent la misère, affreux fardeau pesant.
Mais !...pourquoi tant de haine agite cette meute?
Dit-il en son esprit, ce monde est répugnant !...

C'est le coeur douloureux qu'il lance vers le ciel,
Tel un cri déchirant, une plainte sublime
Pour invoquer des cieux la main de l'Eternel,
Or l'écho de sa voix s'étouffe dans l'abîme.

Je suis semblable à toi, ô vieux loup solitaire
Car, poète, je suis maudit et rejeté;
Mon chant de désespoir n'atteint pas la frontière
Qui fait de l'homme avide, un être de bonté.

Extrait de "Regrets et passions"



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